Dans l’univers du vélo haut de gamme, certaines pièces déclenchent des discussions comme des lancements de cartes graphiques. Les Campagnolo Hyperon Ultra font partie de ces produits qui promettent un cocktail rare : légèreté, sensation de glisse, et réponse instantanée au moindre appui. Or, sur route, la vérité se mesure moins aux fiches techniques qu’à la somme de détails invisibles : un roulement qui se libère après quelques milliers de kilomètres, une jante qui garde sa pression tubeless sans drame, ou une rigidité qui soutient l’effort sans casser le rythme. Ici, le pari est clair : proposer un équilibre entre douceur et performance sportive, sans se faire piéger par l’excès d’un côté ou de l’autre.
Cette paire vise les cyclistes qui veulent “tout” sur des parcours vallonnés, des ascensions régulières, et des relances nerveuses. Pourtant, la gamme actuelle regorge d’options carbone rapides, parfois plus aérodynamiques, parfois plus abordables. Alors, que reste-t-il quand l’effet nouveauté retombe ? Une construction de jante pensée comme un composant monobloc, une approche tubeless propre, et une qualité de roulement qui s’apprécie autant à 35 km/h en file qu’à 12 km/h sur un col. C’est précisément cette addition, plus que n’importe quel argument isolé, qui donne du sens à la promesse Hyperon Ultra.
- Poids vérifié proche de 1 254 g la paire, avec un profil polyvalent de 37 mm.
- Jante carbone issue d’une modélisation 3D, pensée pour limiter les jonctions et maximiser la cohérence structurelle.
- Roulements céramiques au toucher très fluide, avec une douceur qui progresse après rodage.
- Orientation “all-rounder” : bon compromis entre aérodynamisme, stabilité au vent, et relances.
- Innovation pratique : jante étanche favorable au maintien de pression en tubeless, mais maintenance des rayons plus exigeante.

Campagnolo Hyperon Ultra : conception HUIC, jante 3D et innovation carbone
La signature technique des Hyperon Ultra commence par la jante. Campagnolo mise sur une modélisation 3D qui sert un objectif simple : réduire les zones de faiblesse, tout en gardant une masse minimale. Ainsi, la fabrication vise une pièce aussi continue que possible, avec une logique de jonction limitée. Dans le monde composite, chaque raccord est un endroit où l’on peut perdre en homogénéité, et donc en comportement. Par conséquent, la stratégie HUIC (Ultra Light Carbon) cherche à stabiliser la “personnalité” de la roue, surtout quand la route devient rugueuse ou que le freinage répété chauffe l’ensemble.
Cette approche parle aux cyclistes qui veulent un ressenti prévisible. Or, un composant très léger peut devenir nerveux, voire sec, si la structure renvoie trop d’informations. À l’inverse, une jante trop “souple” gomme tout, mais elle écrase la relance. Ici, l’enjeu d’équilibre se joue déjà avant le premier kilomètre : il se fabrique dans la manière dont le carbone est pensé, orienté, puis cuit.
Un exemple concret aide à comprendre. Sur une cyclosportive de montagne, un participant fictif, Noé, roule avec un groupe qui alterne faux-plats rapides et ascensions longues. Dans ces conditions, une roue trop rigide fatigue parce qu’elle impose de relancer sans cesse. À l’inverse, une paire trop amortissante donne l’impression de “pédaler dans du coton” quand le rythme monte. L’Hyperon Ultra vise le milieu : garder de la vivacité, tout en laissant l’effort se dérouler.
Jante étanche tubeless : maintien de pression et usage réel
Le tubeless est devenu un standard sur route performance, mais sa mise en œuvre change tout. Ici, la jante annoncée étanche favorise un maintien de pression durable. En pratique, cela réduit les micro-pertes liées aux fonds de jante et à certains montages approximatifs. Donc, sur plusieurs semaines, l’utilisateur ajuste moins souvent, ce qui compte quand les sorties s’enchaînent.
Cette étanchéité a aussi un effet collatéral intéressant : elle rassure lors des longues descentes. Certes, le freinage dépend du système du vélo, mais la stabilité d’un montage tubeless bien tenu limite les imprévus. En parallèle, la largeur interne autour de 21 mm et l’externe autour de 27 mm placent la roue dans une zone moderne. Autrement dit, les pneus actuels en 28 mm ou 30 mm s’y marient bien, et l’aérodynamisme reste cohérent pour un profil de 37 mm.
À ce stade, une question s’impose : l’innovation est-elle “marketing” ou utile ? Sur ce point, l’étanchéité et la cohérence de jante répondent à un besoin concret. L’insight clé est simple : le tubeless n’est vraiment performant que quand la jante ne complique pas la vie.
Hyperon Ultra sur la route : douceur de roulement et performance sportive mesurée
Sur le terrain, les Campagnolo Hyperon Ultra sont souvent décrites avec un vocabulaire sensoriel. D’abord, la roue “glisse”, puis elle accélère avec une impression de netteté. Cependant, cette sensation ne vient pas d’un seul facteur. Elle naît d’un ensemble : masse périphérique contenue, rigidité latérale bien dosée, et surtout roulements haut de gamme qui limitent la traînée.
Un test longue durée publié fin 2025 évoquait plus de 5 000 km parcourus sans intervention notable sur le voile ou le jeu. En 2026, cet indicateur reste parlant, car les standards d’usage ont changé : plus de sorties hivernales, plus de routes “mixtes”, et plus d’exigence sur la fiabilité du tubeless. Ainsi, quand une paire traverse des mois de pluie et de poussière sans réclamer de réglage, l’expérience utilisateur grimpe d’un cran.
La douceur se remarque aussi après rodage. Autour de 2 000 km, la fluidité peut gagner un petit supplément, car les roulements céramiques se stabilisent. Par conséquent, les sorties longues deviennent plus faciles à tenir, surtout quand la fatigue s’accumule et que chaque watt économisé compte.
Accélérations, bosses courtes, cols réguliers : un équilibre exploitable
Sur une bosse courte, la roue doit changer de rythme sans délai. Ici, la réponse est franche, ce qui sert une conduite sportive faite de relances et de placements. Pourtant, la paire ne bascule pas dans l’excès “trop raide”. Donc, sur une montée régulière, l’effort reste rond, sans exiger de micro-accélérations permanentes.
Reprenons Noé. Sur un col roulant, il se cale au seuil et cherche un tempo stable. Avec une roue ultra-rigide, il doit constamment corriger pour rester “sur le fil”. À l’inverse, avec les Hyperon Ultra, la roue accompagne le couple, puis restitue quand il appuie. En somme, l’équilibre se traduit par une économie de gestes, et donc d’énergie.
Un autre détail compte : le moyeu arrière discret en roue libre. Cela change l’ambiance d’un groupe. Certains adorent entendre les cliquets, tandis que d’autres préfèrent le silence. Ici, le choix va vers la discrétion. Ainsi, sur une sortie en file indienne, la roue se fait oublier, et le pilotage prend le dessus.
Pour relier sensation et données, un tableau aide à situer l’objet. Il ne remplace pas la route, mais il structure les choix, surtout quand plusieurs modèles concurrents se disputent le même budget.
| Caractéristique | Valeur / observation | Impact sur l’usage |
|---|---|---|
| Poids vérifié | 1 254 g (env. 568 g avant, 686 g arrière) | Relances faciles, avantage en montée, fatigue réduite |
| Profil de jante | 37 mm | Polyvalence, bon compromis entre stabilité et vitesse |
| Largeur interne | 21 mm | Compatibilité moderne pneus 28–30, confort et grip |
| Roulements | Céramique haut de gamme | Douceur durable, rendement perceptible sur longues sorties |
| Jante étanche tubeless | Maintien de pression remarqué | Moins d’ajustements, montage plus serein au quotidien |
Au final, la sensation dominante n’est pas “la roue la plus rapide du monde”, mais une vitesse facile à conserver. Et c’est souvent là que se niche la vraie performance.
Polyvalence, aérodynamisme et vent : pourquoi 37 mm change la donne
Le profil de 37 mm est un choix qui raconte une philosophie. D’un côté, une jante plus haute “verrouille” mieux la vitesse sur le plat. De l’autre, une jante très basse excelle en montagne, mais elle perd un peu de rendement à haute vitesse. Ici, l’objectif est la zone grise : une roue qui ne pénalise ni les cols, ni les sections rapides, tout en gardant une bonne tenue au vent. Ainsi, l’aérodynamisme est traité comme un outil, pas comme une obsession.
Dans une sortie type avec des rafales latérales, la stabilité devient une question de sécurité, pas seulement de chrono. Une jante à 50 mm peut impressionner en vent de face, mais elle exige plus de corrections quand ça souffle de côté. À 37 mm, la prise au vent reste contenue. Par conséquent, le pilotage demande moins d’anticipation, surtout pour un cycliste léger ou un gabarit moyen.
Cela dit, il existe un revers logique. En vent arrière, une jante plus haute “porte” davantage. Donc, sur une portion très rapide, l’Hyperon Ultra peut paraître moins posée qu’un modèle orienté chrono. Néanmoins, ce n’est pas son terrain naturel, et le choix reste cohérent pour une roue qui vise l’endurance nerveuse plutôt que le contre-la-montre.
Cas d’usage : cyclosportives, sorties punchy, et vélo moderne
Sur une cyclosportive vallonnée, la course se joue souvent sur des séquences courtes : une relance en sortie de virage, un raidard, puis une bascule. Dans ce scénario, la légèreté aide à répéter les accélérations. Ensuite, la rigidité “bien calibrée” évite de sentir la roue se tordre au sprint. Enfin, la fluidité des roulements permet de conserver l’élan quand le groupe hésite.
Sur un vélo moderne à disques, l’équilibre global dépend aussi des pneus. Avec un 28 mm tubeless, la roue donne un mélange intéressant : confort, grip, et rendement. Donc, sur un bitume imparfait, l’utilisateur peut garder une pression un peu plus basse, et rester rapide sans perdre la trajectoire. Cette compatibilité avec les tendances actuelles fait partie de l’innovation au sens pratique.
Enfin, la polyvalence se voit dans les décisions d’équipement. Beaucoup de cyclistes ne veulent plus deux paires, “montagne” et “aéro”. Ils veulent une seule paire premium, capable de tout faire correctement. L’insight clé est alors le suivant : à 37 mm, la roue devient un choix rationnel pour une saison entière.
Pour garder un fil concret, Noé choisit cette paire avant un week-end en Corse. Il sait qu’il y aura du vent, des cols, et des routes granuleuses. Son objectif n’est pas de gagner chaque segment, mais de rester efficace partout. C’est exactement le type de cahier des charges que ce profil sert le mieux.
Rayonnage, maintenance et choix techniques : ce que Campagnolo change (et ce que cela implique)
Sur beaucoup de roues haut de gamme, l’accès aux têtes de rayons reste simple, car tout se règle par l’extérieur. Ici, une décision technique modifie la routine. Campagnolo choisit de ne pas percer la jante après fabrication. Les logements sont formés avant la cuisson, ce qui contribue à préserver l’intégrité de la structure. Cependant, la conséquence est immédiate : la jante est fermée, et l’ajustement de tension se fait via un système guidé, souvent magnétique, avec des inserts intégrés.
Cette solution renforce l’idée d’innovation orientée performance. Pourtant, elle complique l’entretien. Donc, un atelier doit être outillé, et un utilisateur bricoleur doit accepter une courbe d’apprentissage. C’est typiquement le genre de compromis qui distingue un produit “course” d’un produit “facile”.
Autre point notable : pas de rayonnage G3 sur cette paire, contrairement à certaines roues aéros de la marque. À la place, le schéma est plus classique, avec 21 rayons à l’avant et 24 à l’arrière, dans une logique 2:1. Ce choix n’est pas un retour en arrière. Il vise une répartition de tension cohérente, tout en conservant un comportement neutre.
Finition C-Lux, durabilité et usage toutes saisons
Une roue premium ne se juge pas seulement au premier mois. La finition compte, car elle traverse la pluie, le sel, et les lavages répétés. Ici, la finition brillante C-Lux est souvent saluée pour sa tenue. Sur un usage prolongé, elle résiste bien aux traces et aux micro-rayures du quotidien. Ainsi, même après une saison complète, la roue garde un aspect “neuf” qui compte, vu le tarif.
Côté roulage, l’absence d’interventions après plusieurs milliers de kilomètres est un signal fort. Les roulements céramiques, bien entretenus, gardent un toucher très libre. En parallèle, la jante étanche stabilise la pression tubeless, ce qui évite des séances de regonflage trop fréquentes. Donc, l’expérience globale reste premium, même quand la météo ne l’est pas.
Le point d’attention reste l’atelier. Si un dévoilage ou une retension devient nécessaire, mieux vaut passer par un mécano habitué à ce type de montage. L’insight final est simple : la performance a parfois un coût caché, celui de la maintenance spécialisée.
Comparatif 2026 : Hyperon Ultra face aux roues carbone concurrentes et critères d’achat
En 2026, le marché des roues carbone route est saturé, mais il est aussi plus lisible. D’un côté, des roues “aéro” hautes, souvent autour de 45–60 mm, pensées pour tenir des vitesses élevées. De l’autre, des roues légères de montagne, parfois sous les 30–33 mm, optimisées pour grimper. Les Hyperon Ultra s’installent entre ces deux mondes. Ainsi, elles ciblent ceux qui veulent une paire unique, capable d’être sportive sans être exclusive.
Le prix autour de 3 690 € place l’objet dans le très haut du panier. À ce niveau, l’achat ne se justifie pas seulement par un gain de watts. Il se justifie par la qualité de fabrication, la cohérence du produit, et le plaisir d’usage. Or, cette notion de plaisir n’est pas vague : elle se traduit en douceur de roulement, en silence mécanique, en montage tubeless stable, et en comportement prévisible quand la route se dégrade.
Pour comparer sans se perdre, il faut regarder des critères concrets. D’abord, le couple “poids + profil” : 1 254 g pour 37 mm reste une combinaison rare. Ensuite, la gestion du vent latéral, cruciale sur beaucoup de parcours européens. Enfin, la compatibilité corps de roue libre (HG, XDR, Campagnolo, N3W) qui évite de changer de standard au mauvais moment.
Checklist d’achat : choisir entre aérodynamisme, légèreté et usage réel
Avant de sortir la carte, une checklist évite les regrets. Elle aide aussi à expliquer pourquoi certaines roues, pourtant excellentes, ne conviennent pas à un usage donné. Voici une base claire, à adapter au terrain habituel.
- Terrain dominant : montagne, vallonné, plat rapide, ou mixte sur toute l’année.
- Sensibilité au vent : gabarit, stabilité recherchée, routes exposées.
- Priorité : aérodynamisme pur ou légèreté et relances.
- Contrainte maintenance : atelier équipé, autonomie mécanique, disponibilité des pièces.
- Objectif : chrono, cyclosportive, sorties longues, ou “plaisir rapide” au quotidien.
Dans ce cadre, l’Hyperon Ultra se positionne comme une roue “résultats + sensations”. Elle n’est pas la plus extrême, et c’est précisément ce qui fait sa force. L’insight final tient en une phrase : quand une roue sait tout bien faire, elle sort plus souvent du garage.
Les Campagnolo Hyperon Ultra sont-elles adaptées à un usage tubeless au quotidien ?
Oui, car la jante étanche favorise un bon maintien de pression et un montage plus stable. Cependant, il reste important de choisir un pneu compatible et de soigner le préventif, surtout en hiver.
Le profil 37 mm apporte-t-il un vrai avantage en aérodynamisme ?
Il apporte un gain sensible par rapport à une jante basse, tout en restant plus tolérant au vent latéral qu’une jante haute. Donc, c’est un compromis pertinent pour les parcours mixtes et les cyclosportives.
Pourquoi la maintenance des rayons est-elle plus complexe sur ces roues ?
Les têtes de rayons sont intégrées et la jante est fermée, ce qui implique un réglage via un guide magnétique et des inserts internes. Par conséquent, un atelier habitué à ce type de montage est recommandé en cas d’intervention.
Ces roues privilégient-elles la légèreté ou la performance sportive ?
Les deux, car le poids vérifié autour de 1 254 g soutient la grimpe et les relances, tandis que la rigidité et les roulements céramiques maintiennent une vitesse élevée avec une sensation de douceur. L’équilibre reste l’idée directrice.




