Avec la sortie de Red Dead Redemption 2 en octobre (et malgré le fait que tout le monde ne parle que de Fortnite ces temps-ci !), le Far West est encore bien présent dans l’univers du gaming. Un autre jeu sur le même thème est lui aussi très attendu : il s’agit de This Land is My Land (qui est aussi le titre d’une chanson de Woody Guthrie), jeu actuellement en développement.

Là où This Land Is My Land se démarque, c’est par son approche aussi singulière que bienvenue dans l’univers du gaming (et bienvenue tout court !) : ce jeu open-world se passe au 19ème siècle et le personnage principal est un « Indien d’Amérique » ou si vous préférez, un Amérindien. Vous incarnerez, en effet, un Indien qui entend défendre sa terre. Enfin un jeu débarrassé du sempiternel héros cowboy justicier !

Le jeu est proposé par le développeur ukrainien Game-Labs, connu pour la série Ultimate General (qui se déroule pendant la Guerre Civile américaine) ou encore Naval Action.

Titre : L’Ouest américain

This Land is My Land

L’Ouest américain, ses grands espaces, ses cactus, ses chevauchées légendaires.

Une approche prometteuse

Pouvez-vous citer un jeu qui propose d’une part, d’incarner un Amérindien à l’époque de la Conquête de l’Ouest et d’autre part, de faire de ce personnage le héros ? La réponse est non. Denis Khachtran de Game-Labs explique c’est précisément parce que ce type de jeu n’existait pas, qu’ils ont créé This Land Is My Land.

Dans une interview, Khachtran révèle que l’inspiration pour cet opus « westernisant » est Karl May (1842-1912), auteur extrêmement populaire Outre-Rhin, « allié des Indiens » et créateur de Winnetou, son personnage de roman Apache.

Le jeu prend le parti d’une invasion des terres indigènes, vue par les indigènes eux-mêmes. Le postulat de départ est que ces terres étaient déjà occupées avant que l’envahisseur américain ne les conquière, et qu’il ne s’agit pas d’explorer des terres vierges à l’Ouest du Mississippi…

Une approche qui a le mérite d’apporter quelque chose de nouveau au gaming mode western, univers dans lequel on peut dire que les indiens brillent par leur absence. On a certes bien quelques campements en toile de fond dans Assassin’s Creed 3, mais en général, on préfère faire la part belle aux cowboys et à « l’homme blanc ».

À l’Ouest, rien de nouveau me direz-vous : le Far West, ses duels, ses saloons, ses cowboys jouant au poker. Si aujourd’hui on peut jouer au poker partout, au Far West, c’est dans des saloons enfumés que l’on se retrouvait ! Endroit où certains rencontrèrent d’ailleurs une fin tragique, tel le célèbre Bill Hickok, tué d’une balle dans le dos alors qu’il jouait précisément au poker ! Il est d’ailleurs à l’origine d’une main appelée en anglais la dead man’s hand !

Si l’on se penche sur l’iconographie de l’indien dans les Westerns, pas mieux. Il a fallu attendre John Ford, le maître du genre, pour que les Indiens « existent » et que des amérindiens jouent enfin leur propre rôle dans ses films, mais c’est un autre sujet… Pour en revenir à This Land Is My Land, d’après les quelques éléments dont nous disposons grâce au site This Land Is My Land, le graphisme semble réussi et parvient à rendre les paysages grandioses de l’Ouest américain. Alors oui, on peut dire que ce jeu à venir intrigue et suscite le plus vif intérêt.

 

Titre : L’Ethnologue Frances Densmore et le Chef Blackfoot

This Land is My Land

Frances Densmore enregistre le témoignage du Chef Blackfoot au Smithsonian en 1916

Une approche aussi prometteuse que risquée !

Un Amérindien qui entend défendre ses terres contre l’envahisseur blanc. Pourquoi serait-ce un pari risqué ? Premièrement parce que le sujet est sensible, que le danger est une prise de partie trop flagrante et enfin, gare aux les clichés ! On image bien que les développeurs n’ont pas en tête de nous présenter un Indien sanguinaire mais ils vont devoir se garder de tomber dans le travers inverse : l’Indien qui tue des « visages pâles » pourrait aussi mal passer.

Clichés d’hier et d’aujourd’hui, sauvage sanguinaire, noble sauvage, penchant pour l’alcool ou propriétaires de casinos (même s’il est vrai que le nombre de casinos aux États-Unis possédés par des tribus amérindiennes est impressionnant : Foxwoods dans le Connecticut pour ne citer que celui-là). Ce n’est peut-être pas un hasard si l’une des variantes du poker, au même titre que le Texas Hold’em ou Omaha Hi-Lo, s’appelle Indian Poker !

Aborder un sujet historique requiert toujours la plus grande attention (et la collaboration d’historiens). On sait déjà qu’il n’y aura ni femmes, ni enfants dans cet opus. Khachatran explique qu’à cette époque la frontière était très dangereuse et que les enfants et les femmes avaient été envoyés plus à l’ouest. Les critiques se chargeront de la vérité historique.

Alors à quoi faut-il s’attendre ?

Voici quelques éléments.

Le site promet de la variété et des surprises. Variété d’un monde en développement lui aussi, un environnement qui évolue et change au cours du jeu, des villes qui se développent à mesure que le jeu progresse. Du côté des ennemis, on sait qu’ils réagissent à vos actions et que leurs comportements s’adaptent au vôtre pour vous amener à changer votre stratégie.

D’après Denis Khachtran , le héros n’appartient pas à une tribu en particulier mais est l’incarnation de plusieurs tribus : « Chickasaw, Cherokee, Lakota, Cheyenne, Apaches, Navajo, Shawnee, Shoshone, Mohawk etc ». C’est jeu uni-joueur mais vous pourrez néanmoins décider si vous voulez vous battre seul ou au sein d’une tribu. De la même manière, vous pourrez vous appuyer sur des alliés pour mettre en place des diversions pendant les attaques.

On sait aussi qu’il s’agit d’un stealth game donc il ne s’agit pas exclusivement de combats disons « frontaux » et on peut s‘attendre à des feintes, des pièges et autres guets apens ! On n’ira pas jusqu’à dire qu’il s’agir d’un coup de poker mais ce jeu est attendu au tournant, tant les écueils à éviter sont nombreux.

En attendant la sortie de This Land is My Land vous pouvez vous rendre sur le site. On lui souhaite le succès d’un Never Alone, jeu à l’origine duquel on retrouve Gloria O’Neill qui préside le Cook Inlet Tribal Council, une organisation qui représente les tribus indigènes d’Alaska et qui a atteint, avec ce jeu, son objectif d’offrir au monde une représentation authentique des peuples indigènes.

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