La pandémie de coronavirus doit permettre à chacun de redoubler d’efforts pour prendre des mesures audacieuses pour lutter contre le changement climatique, et une transition à faible intensité en carbone doit être au cœur des plans de relance au lendemain de la crise.

Tel est le message de treize ministres européens du climat et de l’environnement qui ont fait circuler une lettre ouverte ce jeudi. « La leçon à tirer de la crise du Covid-19 est qu’il est essentiel d’agir rapidement », ont déclaré les signataires. « Par conséquent, nous devons maintenir notre ambition afin d’atténuer les risques et les coûts de l’inaction face au changement climatique et à la perte de biodiversité ».

Ils ont ensuite souligné que les plans élaborés dans le cadre du Green Deal européen doivent être au centre des efforts de reconstruction des économies européennes et que, pour cela, il faudra suivre les bons conseils notamment dans le domaine de l’économie. « La capacité de l’UE à agir dépend largement de notre capacité à travailler ensemble et solidairement pour jeter un pont entre la lutte contre le Covid-19, la perte de biodiversité et le changement climatique », indique la lettre.

Les auteurs ont explicitement déclaré qu’ils espéraient donner l’exemple au niveau mondial alors que les gouvernements commencent à mettre en place des plans de relance dans le but de reconstruire leurs économies et de rester informés, anticipant un moment où les blocages nationaux prendront fin. « Nous devons envoyer un signal politique fort au monde et à nos citoyens pour montrer que l’UE donnera l’exemple, même dans des moments difficiles comme aujourd’hui, et qu’elle ouvrira la voie à la neutralité climatique et au respect de l’accord de Paris », ont déclaré les auteurs.

Parmi les signataires de la lettre figurent Svenja Schulze, ministre allemande de l’Environnement, Krista Mikkonen, ministre finlandaise de l’Environnement et du changement climatique, et Leonore Gewessler, ministre autrichienne de l’action pour le climat et de l’Environnement.

Cet appel à l’action fait suite à la décision prise le 26 mars par les dirigeants européens de soutenir les dépenses de transition verte dans le cadre du plan européen de lutte contre la pandémie. Dans une déclaration commune adoptée par les membres du Conseil européen, les dirigeants ont souligné qu’en préparant la reprise, les États membres « intégreraient entre autres la transition verte et la transformation numérique, et tireraient toutes les leçons de la crise ». Cette nouvelle soulagera les défenseurs de l’environnement qui s’inquiètent des messages suggérant que l’UE pourrait abandonner ses plans verts à la lumière de la pandémie. Dans une lettre datée du 30 mars, un groupe de 37 députés européens a demandé que le Green Deal européen soit reporté. L’un des signataires, le député européen tchèque Alexandr Vondra, a publié la lettre dans un message sur Twitter.

Mais pour l’instant, les États membres européens semblent adopter le point de vue des experts qui ont expliqué le mois dernier à Forbes.com que toute tentative de relance de l’économie devrait intégrer des objectifs à long terme et des dépenses d’infrastructures durables, sous peine de perdre du temps, de l’argent et des ressources.

Réagissant à cette lettre, le directeur du groupe de pression environnemental Climate Action Network Wendel Trio a déclaré que, loin de ralentir ses engagements en matière de durabilité, COVID-19 devrait inciter la Commission européenne à prendre des mesures plus énergiques : « Pour que nos sociétés résistent aux chocs futurs et que nos économies soient plus durables, la Commission doit mettre en place une reprise économique conforme à Paris et proposer un objectif climatique ambitieux d’au moins 65 % de réduction des émissions d’ici 2030 », a déclaré M. Trio.

Le mois dernier encore, le directeur exécutif du Centre for Climate Finance and Investment de l’Imperial College, Charles Donovan, a souligné devant cette chronique qu’en temps de crise, une infrastructure diversifiée d’énergies renouvelables pourrait offrir aux économies une plus grande stabilité, notamment dans les stratégies d’achats que celle fournie par les combustibles fossiles. En plus d’être non durables sur le plan environnemental, a noté M. Donovan, les hydrocarbures comme le pétrole brut sont sujets à des guerres de prix et aux caprices des cartels monopolistiques.

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