Depuis quelques années déjà, on a vu arriver sur le marché gaming des claviers dits « mécaniques ». On pourrait penser qu’ils s’agissait d’une nouveauté, alors qu’ils existent depuis les années 80. Le constructeur IBM était alors l’emblème du clavier mécanique : solide, haut de gamme, confortables… Toutes les qualité qu’on lui reconnait actuellement.

Aujourd’hui, on vous met à disposition une ébauche (car il y a tant à dire) sur le fonctionnement des claviers mécaniques et les différentes normes et dispositions qu’ils proposent, pour mieux comprendre leur nature.

[nextpage title = « Les switchs »]

Le clavier mécanique se distingue du clavier à membrane (ou à dôme) par son architecture principalement interne. Les claviers mécaniques possèdent des switchs (interrupteurs) à ressort qui ont la particularité d’envoyer le signal électrique (l’information comme quoi la touche est activée) seulement à mi-chemin (généralement) de sa course. Ce point est appelé actuation.

Définition : La course est la distance que parcourt une touche de haut en bas lorsqu’on la presse. Généralement, elle fait 4mm sur les claviers mécaniques, sauf exceptions. Le point d’actuation se trouve généralement à 2mm, soit à mi-chemin de la course.

Les différents types de switchs

Il convient d’identifier trois types de switch. Tous n’ont pas les mêmes propriétés et la même sensation. Certains sont linéaires, d’autres sensibles ou encore clicky.

Les switchs linéaires

Ce sont les switchs les moins éloignés des claviers à membrane. Leur principe est simple : sous la touche, un ressort avec une intensité propre. Il n’y a pas d’obstacle dans la course, ou de passage sensible qui permette de ressentir le point d’actuation.

Cherry MX Red

Cherry MX Red

Chez Cherry, les switchs linéaires sont les MX Red, Black et Silver (appelés aussi MX Speed). Le MX Red demande une force de pression de 45 cN, le Black de 60 cN et enfin le silver est une version modifiée du Red où le point d’actuation ne se situe pas à 2mm du point de départ, mais à 1,2mm.

Ces données ne sont pas précises : plus on enfonce le ressort, plus sa résistance est dure. Si on prend l’exemple du MX Red, la pression à exercer sur la première partie de la course est en fait inférieure à 45 cN, tandis que la pression nécessaire pour aller jusqu’au bout requiert plus de 45 cN. La pression à exercer est en réalité progressive.

On retrouve également les switchs MX Silent, qui sont des MX Red qui disposent de joints tauriques (http://www.macfay-hardware.fr/unboxingtest-o-rings-lpwl/ ) pour atténuer le bruit lors que l’on « bottom » la touche (lorsque l’on presse la touche jusqu’au bout).

Pour en savoir plus, rendez-vous ici : https://www.taekeyboards.com/article/cherry-mx-silent-review.

Les switchs tactiles

Ils se différencient des linaires sur un point : ils possèdent un « bump » (un petit embonpoint) au niveau du point d’actuation. Ce bump est en fait un petit relief qui va permettre à l’utilisateur de ressentir le passage sur le point d’actuation.

Cherry MX Brown

Cherry MX Brown

Chez Cherry, ils existent deux modèles de switch tactile. Le premier, très courant, est le MX Brown, qui possède une résistance de 45 cN. Le deuxième, c’est le MX Clear, moins répandu, qui nécessite une force de pression de 55 cN avec un bump plus important.

Les switchs clicky

Les switchs clicky possèdent au niveau du point d’actuation, une « barrière » métallique qui produit un son supplémentaire très caractéristique. Il est très difficile de doser la pression à exercer sur un switch clicky pour ne pas presser la touche jusqu’au bout. On retrouve chez Cherry très couramment le MX Blue, qui demande une pression de 55 cN. Beaucoup plus rare et subjectivement réservé aux avertis, le MX Green demande une pression de 80 cN (!).

Chery MX Blue

Chery MX Blue

Équivalences chez les autres constructeurs : Outemu, TTC, Gateron, Razer, Varmilo et Logitech

Outemu

Le switch Cherry MX n’étant pas pourvu de brevets, sa reproduction est monnaie courante. Ainsi le constructeur chinois Outemu propose des switchs aux caractéristiques et aux appellations quasi (si ce n’est strictement) similaires. Un switch Outemu Blue équivaut à un switch Cherry MX Blue, etc.

Razer, Varmilo et Logitech ont pris le pari de développer eux-mêmes leurs propres switchs, avec des appellations et parfois des caractéristiques différentes.

Gateron

Tout comme Outemu et TTC, Gateron reproduit presque à l’identique les fameux Cherry MX. Le code couleur est d’ailleurs strictement identique, tout comme les spécificités techniques des switchs. À une exception : le Gateron Clear et le Cherry MX Clear n’ont strictement rien à voir l’un de l’autre. Le Gateron Clear est un liénaire plus léger encore que le Red, avec une pression de seulement 35 cN. Le Cherry MX Clear lui, est un tactile nécessitant une pression de 55 cN, comme vu précédemment.

TTC

TTC est un constructeur chinois qui produit notamment des switchs également inspirés des Cherry MX. Ils reprennent les mêmes code couleur que le constructeur allemand, avec les TTC Balck, Red et Brown. Également présents dans la liste, les TTC Blue, clicky donc, avec une force de pression moyenne annoncées à 60 cN, contre 55 pour le Cherry MX Blue. Le Yellow est quant à lui, un switch linéaire, situé entre le Red et le Black avec une pression moyenne nécessaire de 50 cN. Enfin, le TTC Green, clicky, demande 70 cN de pression.

On retrouve les switchs TTC chez plusieurs constructeurs comme Roccat ou Gamdias.

Razer

Les switchs Razer sont lgèrement différents des Cherry MX. Ainsi le Razer Green se compare au MX Bleu avec un point d’actuation situé à 1,9mm au lieu de 2 pour une pression de 55 cN. Le Yellow se compare au MX Silver (ou MX Speed) avec une pression similaire de 45 cN, une course totale de 3,5 mm (au lieud e 4 pour Cherry) et un point d’actuation à 1,2 mm. Enfin, le Razer Orange se comparence au MX Brown avec un point d’actuation à 1,9 mm au lieu de 2.

Logitech

Chez Logitech, les switchs de claviers mécaniques sont le fruit d’une collaboration entre la société et Omron, connue pour ses micro-switchs que l’on retrouve dans nos souris gamers.  Leur appellation : Romger-G. Leur structure interne est différente et lorsqu’ils disposent de rétroéclairage, les LED sont directement disposées au centre du switch, ce qui a pour effet de mieux répartir l’éclairage à travers le lettrage transparent et de minimiser les fuites d’éclairage sur les côtés de la touche.

Chez Cherry et beaucoup d’autres constructeurs, la LED RGB est placée sur le côté du switch (souvent au-dessus).

Il n’existe aujourd’hui qu’une seule variante de switch Romer-G : Les switchs Romer-G sont tactiles (comme les MX Brown ou Clear chez Cherry) mais ont une course totale théorique de 3 mm et un point d’actuation situé à 1,5 mm. Le Romer-G bleu nécessite une pression de 45 cN.

Varmilo

Varmilo a récemment présenté ses switchs maison, dont nous avons pu essayé un exemplaire dans notre test du Varmilo MA105C. La particularité de ces switchs est que le plongeur procède à un système de transmission d’information sans contact, basé sur le principe de la capacité électrostatique.De fait, la durée de vie de ces switchs s’en retrouve énormément améliorée vis-à-vis d’un switch standard. Les problèmes d’érosion, d’encrassement et d’oxydation sont ainsi rayés de la liste. Pour l’heure, Varmilo a décliné ce switch en trois versions : Pink Sakura, Rose et Greenery. Ces derniers reprennent respectivement les spécifications des Cherry MX Red, Blue et le Greenery est un switch linéaire à mi-chemin entre le MX Red et MX Black.

L’implémentation des LED pour le rétroéclairage est à l’avant du switch et ce dernier est compatible avec tous les keysets compatibles Cherry MX pour ceux qui souhaient customiser leurs bestioles.

Cherry présente ses switchs Low-Profile RGB

Mise à jour du 13/01/18

Cherry annonce fièrement la sortie officielle de ses switchs low-profile RGB. L’avantage, une hauteur réduite de manière conséquente pour rendre les touches plus plates ! À l’heure actuelle, seuls les MX Red sont présentés.

comparaison cherry mx low profile rgb

Les switchs Cherry MX classiques ont des dimensions de 18.5*15.6*15.6 mm, tandis que les low-profile ont 11.9*15*15 mm, ce qui réduit la hauteur de 6.6mm tout de même. Ici l’implémentation de la diode RGB se fait directement dans la structure de l’interrupteur pour une meilleur diffusion de l’éclairage. Nombreux sont les constructeurs à avoir tenter de construire leurs propres switchs plats ou low-profile, il était temps que Cherry arrive dans la course.

La course totale est ainsi réduite et passe de 4mm à 3,2mm et le point d’actuation passe de 2 à 1,2mm. La durée de vie des switchs est annoncée à hauteur de 50 millions de frappes.

Quelques constructeurs ont déjà sauté sur l’occasion pour présenter leurs produits :

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Puisque chaque touche (techniquement : chaque interrupteur) est soudé un par un au PCB, elles ont un emplacement dédié précis sur le layout. Plus encore, leur inclinaison et leur hauteur varient en fonction de la rangée à laquelle elles appartiennent.

La plupart des constructeurs grand public optent pour un profil OEM. Pour cette section, des illustrations graphiques seront plus parlantes qu’un pavé de mots… Alors voici :

OEM

C’est le profil le plus courant. La hauteur moyenne est plutôt haute et on distingue très nettement une courbure entre les touches de première rangée et celles de la dernière rangée. L’avantage du profil OEM est qu’il est largement le plus utilisé chez tous les constructeurs. De fait, si vous souhaitez un jour customiser votre clavier, il vous sera facile de trouver un set de touches du même profil.

Cherry

Le profil Cherry ressemble au OEM mais propose une hauteur moins importante et une courbure similaire. Beaucoup moins courant à trouver, alors qu’il est sûrement moins déroutant qu’un profil OEM lorsque l’on est un habitué des claviers membrane. Allez comprendre.

SP DSA

Notez que sur le profil SP DSA, les touches possèdent la même hauteur et aucune inclinaison. En fait, on a affaire ici à un profil plat. Nous avions récemment testé un clavier qui disposait d’un profil SP DSA, le Vortex Race 3 75%.

Il existe d’autres profils, mais bien plus rares encore, comme le SP DCS, le SP SA… Mais au bout d’un moment, un visuel sera bien plus parlant. Voici un aperçu de quelques profils courants (vue de côté) :

Profil cherry sp dsa oem

Source : https://geekhack.org/index.php?topic=69133.0

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Le matériau utilisé sur les touches : ABS ou PBT ?

il existe différents types de matériaux utilisés pour la construction des touches. Nous retiendrons ici que les deux principaux : l’ABS et le PBT. Le premier est entrée de gamme et moins onéreux, le second beaucoup plus qualitatif mais fait grimper la facture.

PBT vs ABS

Source : Techfrag.com

L’ABS

On trouve généralement deux sortes de plastique utilisé pour la construction des touches. Le plus courant aujourd’hui est l’ABS. Proposés en simple ou double épaisseur, ils sont les plus faciles et les moins coûteux à la fabrication. L’ABS permet bien plus facilement d’intégrer de la transparence pour faciliter le boulot du rétroéclairage si le clavier en est pourvu.

En contrepartie, le toucher est moins premium et l’usure se fait rapidement ressentir avec un polissement progressif. Pour un peu que le lettrage ait été imprimé, vous pourrez dire adieu à celui-ci à mesure que vous utiliserez les touches.

Le PBT

Le PBT est de plus en plus demandé. Corsair et Cooler Master ont d’ailleurs répondu partiellement à cette demande ! Et pour cause, le PBT est très nettement plus haut de gamme que l’ABS. Plus épais, plus agréable au touché, plus endurant et surtout très résistant à l’usure.

Une touche PBT est trouvable généralement en deux tailles : thin (fin) et thick (épais). Quitte à s’offrir un set en PBT, on vous conseille le thick, plus agréable au toucher et surtout, contient encore mieux les nuisances sonores.

Par contre, la fabrication délicate de touches en PBT fait tout autant augmenter la facture. Il n’y a pas de fumée sans feu, mais il sera impossible d’en trouver sur des clavier d’entrée de gamme.

On peut trouver de nombreuses vidéo de comparaison sonore sur YouTube, mais le rendu n’est pas forcément à la hauteur de ce que l’on percevoir en vrai. Voici un exemple de différence de nuisance sonore entre les deux :

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Taille du clavier : Plutôt full size, TKL ou 60% ? Quelles différences ?

Pour rester dans l’essentiel de ce qu’il y à savoir sur les claviers mécaniques, tous les clavier n’ont pas le même format.

Le plus courant reste le format full size (en jaune). Ici, pas de surprise, il s’agit d’un clavier de bureau ordinaire avec le pavé numérique.

Le TKL en rouge (Ten Keys Less) reprend le même layout, le pavé numérique en moins. Ils sont également appelés 80 ou 85%.

Le format 60% en vert, très minimaliste, s’affranchit de la rangée de touches F1 à F12. Elles sont souvent programmées sur les touches alphanumériques.

Source : http://www.gomechanicalkeyboard.com

Le format 75% quant à lui, reprend en fait le layout de ce que l’on trouve communément sur les claviers d’ordinateurs portables. On retrouve les flèches directionnelles et les touches F1 à F12. C’est un compromis entre le 60% et le TKL.

Test Vortex Race 3 75

[nextpage title = « Conclusions »]

Vous avez maintenant les principaux éléments à connaître pour faire votre choix de prochain clavier mécanique. Format, profil, switch, matériaux… il n’y a plus qu’à faire votre choix, ou vos choix…

Le dossier sera enrichi au fur et à mesure, nous parlerons notamment des différences entre la gravure et l’injection d’encre dans les touches et des avantages et inconvénients de chaque procédé. Pour l’heure, il y a déjà beaucoup à lire, non ? 😉

Sources :

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